Le rite funéraire musulman

La toilette rituelle

La toilette est l’une des étapes primordiales du rite que prévoit l’Islam après la mort.

Elle est une obligation religieuse et un devoir qui incombe à tous les musulmans envers le défunt. Tout musulman qui décède a des droits que la religion lui a conférés tels que le fait de le laver, le parfumer et l’envelopper dans son linceul ainsi que la prière funéraire et son enterrement.

C’est un acte louable qui mérite la récompense d’Allah pour celui qui le réalise.

Le prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Celui qui lave un croyant et n’en dévoile rien, Allah lui pardonnera quarante fois. Celui qui aura creusé la tombe pour un croyant et l’y introduit, aura la même récompense que s’il l’avait abrité jusqu’au jour de la résurrection. Et celui qui l’aura mis dans un linceul, Allah le revêtira au jour de la résurrection d’habits de soie fine et de brocarts du paradis. »

La toilette fait partie intégrante des obligations funéraires en islam. Cette obligation est d’ordre communautaire c’est-à-dire que c’est une obligation qui concerne la communauté musulmane dans son ensemble.

Cette obligation constitue un devoir qui, s’il est accompli par un nombre suffisant de musulmans, les autres membres de la communauté en sont exemptés (notion qu’on appelle en arabe fard al-kifâya : فَرضُ الكِفاية).

La toilette rituelle consiste à éliminer toutes les impuretés corporelles du défunt avant son voyage vers son ultime demeure.

L’extrême pudeur à l’égard du défunt est observée lors de sa toilette avant de le parfumer et sa mise en linceul (al-kafan : الكَفَنُ ) qui constitue une obligation en islam. En effet, le prophète صلى اللّٰه عليه وسلم a dit : « Lorsque l’un d’entre vous met le corps de son frère dans un linceul, qu’il le fasse de la meilleure façon ! » (Muslim, Abou Daoud, Ahmed).

Le défunt est enveloppé d’un suaire, blanc de préférence, suffisamment grand : trois étoffes non cousues pour l‘homme et cinq pour la femme, afin de couvrir le corps dans sa totalité.

La prière funéraire : صلاة الجنازة

Il est indispensable de prier sur la dépouille de tout musulman avant son enterrement. La prière funéraire (salât al-janâza : صَلاة الجَنازة) est une obligation de suffisance communautaire ou exonératoire (fard al-kifâya : فَرضُ الكِفاية). Elle doit être accomplie en commun. Elle se veut très particulière et diffère des autres prières classiques : en effet, elle s’effectue debout sans inclinaison et sans prosternation et se déroule en quatre étapes séparées entre elles par un takbir.

Selon Nawawi رحمه الله :

« Il faut faire quatre takbir, après le premier on demande protection et on récite la sourate Al-Fâtiha, ensuite on fait le deuxième takbir et on fait la prière sur le Prophète en disant :  « Ô Allah prie sur Mohammed et la famille de Mohammed […] Tu es vraiment digne de louange et de gloire ». Puis, on fait le troisième takbir et on invoque pour le mort ainsi que pour tous les musulmans […] enfin on fait le quatrième takbir et on invoque de préférence comme suit : « Ô Allah ne nous prive pas de son salaire et ne nous tente pas après lui, et pardonne-moi ainsi qu’à lui. » (Riyad as-Sâlihîn).

L’enterrement

L’enterrement est une obligation envers le mort. Certes, Allah dit dans le Saint Coran : « N’avons-Nous pas fait de la terre un endroit les contenant tous, les vivants ainsi que les morts ? » (Sourate 77 : Les Envoyés, versets 25 et 26).

Il doit s’accomplir dans les plus brefs délais.

La Sunnah concernant l’enterrement est d’enterrer le défunt dans un cimetière, exception faite pour ceux qui sont morts au combat car ils doivent être enterrés à l’endroit où ils sont morts et ne doivent pas être transférés vers un cimetière.

Le cortège funéraire est essentiellement composé d’hommes, les femmes ne prennent pas part aux processions funéraires. En effet, leur présence n’est pas requise le jour de l’enterrement en raison de leur hyperémotivité susceptible de troubler la dignité et la sobriété des obsèques.

La tombe est la première des stations de l’au-delà, elle doit être profonde, large et droite.

Selon la tradition prophétique, il existe deux manières de creuser une tombe, la première appelée al-lahd (اللَّحَدُ) consiste à creuser dans la tombe une excavation latérale du côté de la qibla assez large pour y accueillir le mort. La seconde du nom d’al-chaqq (الشَّقُّ), quant à elle, consiste à creuser une fosse assez large pour contenir le mort au milieu de la tombe afin que la dépouille y soit déposée de profil face et en direction de la Mecque. Les deux façons sont permises car elles ont été mises en pratique à l’époque du Prophète, néanmoins la première manière reste la meilleure.

Ce sont les hommes qui sont chargés de descendre le corps du défunt ou de la défunte dans la tombe. Ce privilège revient d’abord aux membres de la famille proche du défunt, la priorité étant donnée au lien du sang.

Lors de la mise en terre du défunt, la Sunnah préconise de le faire entrer dans sa tombe par l’endroit où ses pieds seront posés. Ce dernier doit être posé dans sa tombe sur son côté droit, son visage dirigé vers la qibla, sa tête à droite de la qibla et ses pieds à gauche de celle-ci.

Celui qui dépose le mort dans sa tombe doit prononcer ces paroles : « Bismillah wa ‘ala sounati rassouli lah » : « بسم الله وعلى سنة رسول اللّٰه » (Rapporté par Abou Daoud et al-Tirmidhi).

Lorsque le mort est enterré, il est recommandé de jeter trois poignées de terre au niveau de sa tête (hadith d’Abu Hurayra) et d’invoquer en sa faveur.

Appelez-nous 24h/24 et 7j/7 au 07 65 23 59 04